Eric Pessan questionne l’éditeur Benoît Verhille

« Délaissant les grands axes j’ai pris la contre-allée »

Cet extrait d’une chanson d’Alain Bashung
a été à l’origine du nom de la maison fondée par l’éditeur Benoît Verhille.

La contre-allée évoque une volonté de différence,
mais aussi un lieu moins fréquenté qui serait propice à la rencontre, à l’échange …

Eric pessan et benoit verhille

Ces regards multiples seront présents dès le premier ouvrage édité.
« A chacun sa Place » regroupait différents regards sur un ancien quartier industriel de Lille en complète rénovation : le quartier de Fives.
Ce quartier en mutation est une réalité complexe.
Il faut questionner cette complexité pour ne pas simplifier.
Ce choix conduit à une approche multiple : photos,
textes de personnes de sensibilité différente, travail d’artistes en résidence
tel l’écrivain Lucien Suel (D’Azur et d’acier), musique,
et même utilisation du numérique pour des applications géolocalisées.

Il est possible de résumer la ligne d’édition de la Contre allée
en soulignant trois buts principaux :

– Favoriser la mémoire pour ne pas oublier les racines

– Aider à la transmission des savoirs

– Susciter la réflexion par l’écoute, le dialogue, l’échange

Ces échanges s’effectuent aussi avec les traducteurs
et les autres maisons d’édition comme la Fosse aux Ours
qui publie les premiers textes d’Alfons Cervera
tandis que la Contre allée publie les derniers textes.

Eric Pessan évoque également un autre aspect du travail de l’éditeur : le graphisme.

Benoit verhille

Le choix d’une ligne graphique très sobre a été volontaire,
mais a évolué vers le pictogramme allant jusqu’à prévoir un enchaînement
dans le visuel entre deux ouvrages complémentaires
comme pour Le Retour du Prince, de Roberto SCARPINATO
et Cosa Nostra, de Giovanni FALCONE.

La typographie est également importante.

Les retraits, les marges donnent au lecteur le pouvoir de s’isoler.

En conclusion le métier d’éditeur est source de joies mais aussi de déceptions, d’échecs.

Pour améliorer les conditions de travail il faudrait moins de concentration,
un meilleur accompagnement de la création,
et une association des libraires et des éditeurs
capable d’interpeler les pouvoirs publics
afin de mettre en place une politique du livre efficace.

Mais Benoît Verhille pour résumer son rôle utilise une image :

« Un éditeur c’est quelqu’un qui lance un caillou assez loin
pour essayer de l’atteindre et qui le repousse du pied lorsqu’il est à sa portée ».

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