Rencontre avec Olivier Desmettre fondateur des éditions DO

 Mardi 13 décembre 2016 Eric Pessan interrogeait Olivier Desmettre éditeur au Mondès ( Hôtel situé au Pouliguen). Les éditions DO (initiales du fondateur) ont été fondées en 2015. C’est donc une toute nouvelle maison installée à Bordeaux qui a publié 4 titres en 2016. Hommes sans verre de Sarah Rose Etter en mars 2016, Vie et mémoire du docteur Pi d’Edgar Bayley en avril 2016, Comment j’ai rencontré les poissons de Ota Pavel en octobre 2016 et La vie différente de José Carlos Llop en novembre 2016.

En regardant le catalogue des éditions DO on comprend la ligne directrice : quatre livres traduits de quatre pays différents. Pour Olivier Desmettre l’édition s’inscrit dans un parcours personnel comme un aboutissement évident. Au départ il est  libraire puis il s’occupe d’un festival à Bordeaux qui l’amène à rencontrer des écrivains étrangers et des traducteurs. Il prend conscience de l’importance de l’hospitalité et savoure ces rencontres « entre deux pays, entre deux langues, entre deux cultures, entre deux pages ». Il apprécie ces « voyages littéraires » à travers le monde. Comme Johan Harstad il pense qu’il est important de laisser la littérature quitter son pays d’origine et voyager à travers le monde. La spécialité de sa maison d’édition sera donc de mettre en scène l’objet livre à l’aide d’un graphiste, en choisissant des auteurs étrangers et donc des traducteurs.

Vie et mémoire du docteur Pi d’Edgar Bayley fait parti de la sélection du prix Grain de Sel 2017. C’est un auteur argentin traduit par Jean-Marie Saint-Lu. Lire ce livre « c’est s’exposer à vivre une expédition à nulle autre pareille ». Le lecteur se perd, oublie toute logique en suivant le docteur Pi adepte de l’humour noir et des métaphores saugrenues. « Mille rebondissements à la minute, ces aventures du docteur Pi ont un parfum de surréalisme désuet » confirme Eric Pessan en lisant un extrait  (Sélection de personnel page 28 à 31). Edgar Bayley (1919-1990) est une figure majeure des mouvements d’avant-garde à partir des années 40. Poète, il montre que le monde est absurde en écrivant des petites scènes cocasses qu’il lit à ses amis. Cette absurdité est déconcertante mais l’humour permettait de s’extraire de la tragédie de la dictature argentine.

« Pour suivre avec plaisir ce mélange de James Bond et de Buster Keaton…il suffit de suspendre son incrédulité, afin d’aller à la rencontre d’une création littéraire sans équivalent ».

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