Rencontre littéraire avec Gilles Marchand

Hasard du calendrier, le mardi 7 février, le lauréat du prix Grain de Sel 2017 Gilles Marchand pour son roman Une bouche sans personne était l’invité des rencontres littéraires mensuelles. Yves Le Leuc’h (président du Sel des mots) a donc eu le plaisir de dévoiler les résultats du vote devant l’heureux gagnant !

 

Une Bouche sans personne est son premier roman publié. En fait ce roman avait été écrit il y a très longtemps mais n’avait pas tout de suite trouvé un éditeur.  Auparavant Gilles Marchand avait écrit des paroles de chansons, des nouvelles et une contribution dans un roman épistolaire à quatre mains Bolaño avec Eric Bonnargent.

Pour rentrer dans l’esprit du roman Gilles Marchand choisit de lire un extrait de son livre qui donne le ton. Un certain regard sur les évènements, une imagination débordante pleine de poésie, une certaine façon de voir la vie. Le passage choisi est celui où le grand père  chevauche un éléphant qui écrase une punaise….

« L’imaginaire est une seconde nature qui me vient de mon grand père… »

« Pour arriver à vivre il fallait cette dérision, cette liberté qui renvoyait au grand père, à cette façon de voir la vie… »

 

« Mon grand père a été très important pour moi, il a formé mon regard sur la vie, m’a amené à la lecture… J’ai voulu d’une certaine façon rendre hommage à des auteurs qu’il m’a fait découvrir…Je peux aujourd’hui relire le poème de Jean Tardieu que mon grand père n’a jamais pu me réciter. Il l’appelait « une bouche sans personne » parce que son nom était trop difficile à prononcer. Oradour. »

Ce roman est un hommage aux gens qui ont vécu un drame et qui continuent à essayer de faire rire les autres.

Il y a une sorte de jeu avec le lecteur. Progressivement on a des indices, des pistes pour comprendre. La gravité reste latente mais on joue avec grâce  à la dérision, à l’imaginaire, à l’amitié qui provoque une lente remontée de la mémoire. Les lieux sont importants par les rencontres qu’ils permettent : le bar, l’entreprise, l’escalier et les ordures au milieu desquelles il faut se frayer un chemin….C’est cette profondeur et cette légèreté, ce regard critique mais bienveillant sur nos travers, sur les situations cocasses qui provoquent l’adhésion du lecteur.

J’ai un poème et une cicatrice, voilà pour mon armoire à souvenirs. J’ai pris soin de la cadenasser solidement afin de n’en rien laisser échapper. Mais les cadenas sont fragiles et il est impossible d’oublier une cicatrice lorsque celle-ci fait office de masque que l’on ne peut retirer…

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