Première rencontre littéraire du prix Grain de Sel

Mercredi 4 octobre 2017 le Sel des Mots avait la joie d’accueillir Marie co-fondatrice des éditions Belleville dont le catalogue présente une double originalité : choix de textes dans la littérature étrangère populaire et prolongements connectés. Pour mieux cerner l’originalité de cette jeune maison d’édition Eric Pessan accompagnait cette soirée.

Lorsque Marie et Dorothy se rencontrent elles travaillent déjà dans l’édition et désirent se lancer dans l’aventure en exploitant leurs goûts et leurs personnalités. Elles aiment les voyages, les rencontres, les textes humains qui évoquent la vie des populations simples, marginales ou un peu oubliées. C’est ce supplément d’âme qu’elles vont rechercher en se rendant sur place en Amérique du sud, en Turquie, en Égypte ou en Roumanie. Elles rencontrent les libraires, les éditeurs, les auteurs et les lecteurs. Le choix des textes qu’elles vont publier et alors le fruit de ces coups de cœur produits par le hasard  des rencontres. Certains diront que la chance les accompagne ! Flair ou coup de chance ….peu importe mais ce qui est sûr c’est qu’elles font de belles découvertes. Elles publient un premier texte « la coiffure de la mariée » de Seray Sahiner qui retrace l’univers des femmes turques souvent délaissées ou ignorées par la littérature turque. Nous avions pu apprécier ce texte qui faisait partie de la sélection du prix Grain de Sel 2017.

Cette année un autre moment de « littérature plaisir » nous est offert avec « Sainte Caboche » de Socorro Acioli. Curieuse histoire qui repose sur un fait divers réel une statue de saint gigantesque a été décapitée. Dans cette tête qui git à terre vont se dérouler des faits troublants qui seront à l’origine de la mort d’un village du Nordeste brésilien puis de la renaissance de ce village avec l’enrichissement des habitants. La foi, la magie, la tradition, la concupiscence, l’amitié, la rivalité, la méfiance…se croisent  et révèlent des sentiments humains toujours très complexes. On est confronté à un Brésil figé dans le passé qui rencontre un Brésil en pleine croissance animé par les désirs de réussite de politiciens opportunistes et les enjeux de la préservation de l’environnement et des traditions.

Ce texte est accompagné de dessins style tampons qui rappellent la littérature de cordel du Brésil : petits fascicules poétiques auto-édités, décorés par des tampons et vendus sur les marchés brésiliens accrochés sur des cordes. Les éditrices ont également ajouté des prolongements connectés pour mieux comprendre la culture. Des petits signes invitent le lecteurs à se connecter pour mieux rentrer dans l’univers de l’auteur. Ce peut être de la musique, des recettes de cuisine, des précisions linguistiques, des cartes… Ce sont des petites fenêtres ouvertes sur d’autres cultures précise Marie. Ces notes connectées ne sont pas indispensables à la compréhension du roman. Il est possible de les consulter selon les désirs. 50 à 60 % des lecteurs les consultent mais seulement 10 à 15 % regardent tous les signes proposés.

Les éditions Belleville ont également publié  » Le royaume de Sasha Kozak » de Iulian Ciocan roumain moldave et « Taksim moonwalk » de Emrah Serbes (Turquie). Un dernier roman va sortir avant la fin du mois d’octobre « Aux femmes » de Hamdy El Gazzar (Egypte).

Cette jeune maison d’édition ne manque pas d’originalité et la passion, l’enthousiasme de Marie pour les livres, pour les rencontres sont communicatifs !

La prochaine rencontre aura lieu le mercredi 15 novembre à 19h à la librairie la Gède aux livres à Batz sur mer.

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