Deuxième rencontre littéraire avec Isabelle Flaten

Cette rencontre du mercredi 15 novembre à la Gède aux livres à Batz sur mer était douce et intimiste…il ne manquait que la cheminée ! En écoutant Isabelle Flaten et Eric Pessan nous avions l’impression de nous questionner devant des miroirs, de regarder au delà de ces miroirs et de percevoir le sens des paroles ou des silences qui constituent le quotidien de nos relations aux autres .


Eric a tout d’abord rappelé les titres des livres publiés par Isabelle pour l’essentiel aux éditions Realgar. Après un premier ouvrage L’imposture paru en 2008 aux éditions à la dernière goutte et co-écrit avec Anne Gallet par échange de mails entre Paris et Prague, Isabelle a publié cinq romans aux éditions Réalgar : Les noces incertaines en 2014, Se taire ou pas en 2015, Chagrin d’argent en 2016 et Bavards comme un fjord en 2017. C’est ce dernier ouvrage qui est sélectionné dans le cadre du prix Grain de Sel 2018.  

Isabelle a choisi de délocaliser ce roman en Norvège. Ce choix s’est imposé pour de nombreuses raisons. C’est un pays où elle a vécu, où elle a fait l’expérience du froid, du silence, des longues nuits. Elle est très marquée par la littérature norvégienne, scandinave qui explore le silence, la nature. Elle connait donc la langue, les habitudes, les traits de caractère…C’est un pays marqué par la culture puritaine qui reste très prégnante dans la société et dans la littérature. C’est un pays qui est passé en une trentaine d’années de pays parmi les plus pauvres au stade de pays le plus riche à partir des années 1980 grâce au pétrole.

Les pays scandinaves et la Norvège en particulier sont marqués par la loi de jante. C’est une « loi » implicite, un code moral de conduite profondément ancré dans la société et qui conduit à une certaine modestie, un effacement des individus, au respect de l’égalité. Ce code peut se résumer ainsi : tu ne dois pas croire que tu es différent, meilleur, plus intelligent que les autres. Tu ne dois pas croire que tu sais des choses que les autres ignorent ou que tu peux leur apprendre quelque chose. Chacun doit rester à sa place… .
Connaître le contexte dans lequel se déroule le roman permet de mieux comprendre les personnages. Chacun s’interdit de penser ou de vivre librement. Les conversations sont limitées comme suspendues et ponctuées de « pas vrai ? » forme d’interrogation ou de « non ? » ou « je crois bien » …Ils utilisent des formules toutes faites qui évitent de formuler la pensée, d’aller plus loin dans la rencontre.
Isabelle explore les rapports entre les êtres, les non-dits, jusqu’où est-on prêt à étouffer sa propre conscience face à un drame. Une grosse erreur ne pardonne jamais. On est stigmatisé à vie.


Eric Pessan a ponctué cette soirée de lectures d’extraits des livres d’Isabelle Flaten pour nous aider à mieux comprendre son style épuré qui laisse de la place au lecteur, ses interrogations mais aussi son humour. La communication, ses difficultés, la culpabilité …restent des sujets universels. L’an prochain Isabelle doit publier un recueil de micro-fictions sur le vivre ensemble et elle a en projet un livre sur la folie, le naufrage et l’impuissance de l’entourage….. Merci à Elisabeth Lesimple pour son accueil. C’est une belle soirée qui nourrira notre réflexion et notre envie de lire !

 

 

 

 

 

La prochaine rencontre aura lieu le mercredi 13 décembre à 19h15 à la bibliothèque Anita Conti  Espace Garlahy place du marché à la Turballe . Nous recevrons Timothée Demeillers pour son roman Jusqu’à la bête paru aux éditions Asphalte

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