Soirée d’échanges de la vie littéraire avec Marie-Hélène Prouteau

Marie-Hélène Prouteau est l’auteure de La ville aux maisons qui penchent aux éditions La Chambre d’échos sélectionné pour le prix Grain de Sel 2019. Elle était reçue ce mercredi 10 octobre 2018 à Casa Cosy au Pouliguen.


Bien qu’elle ne soit pas native de Nantes elle y a vécu, travaillé, tissé des liens avec des anonymes, des artistes, des écrivains…. Riche de toutes ces rencontres et observatrice attentive, sensible, elle tisse des liens entre l’hier et l’aujourd’hui, elle donne de l’épaisseur au monde qui nous entoure, elle réveille nos consciences, aiguise notre regard.
La ville aux maisons qui penchent ne se développe pas selon une trame romanesque mais autour d’une ville. Vingt chapitres dont l’unité réside dans le lieu Nantes et ses environs et dans le désir de faire partager au lecteur cette émotion engendrée par les lieux mais aussi et surtout par les rencontres qu’elle y a fait.

Les lieux façonnent notre regard …
« Entre eaux douce et eau salée, Nantes sera une ville où l’on est fait de pierres de fleuve et de galets marins. Une princesse des mélanges, à la vie emplie de choses marines… »
« Le souffle de l’océan dilate ses rues. La mer se laisse seulement deviner comme une amante distante… Elle diffuse un précipité d’effluves bizarres qui brouille l’esprit des gens..ferment d’une inventivité en ébullition »…
« Le va et vient de la marée façonne le présent en faisant resurgir le passé »… »Dans cette ville le passé ne cesse de colorer le présent »…

Des métaphores ou des lieux illustrent ces télescopages entre le passé et le présent : La marée imprime ces changements en un va et vient incessant… Les ponts tel le pont Eric Tabarly ou la Tour Bretagne conduisent à prendre de la hauteur, à changer l’échelle de notre regard, à comprimer l’espace et le temps.

« La rêverie fait des ricochets inattendus dans les flaques du temps ». Le regard de M.H. Prouteau fait corps avec la nature, les jardins, les arbres, mais aussi avec l’environnement façonné par la main de l’homme que ce soit les maisons où le tuffeau clair et tendre s’allie avec le granit gris et dur, ou les friches industrielles de Chantenay, le port, les maisons qui penchent …

 

Les rencontres changent notre regard, nourrissent notre sensibilité et réveillent nos consciences…                                                                                                                                     Rencontres fortuites d’anonymes comme cette femme âgée Lalla venue du Maroc sans savoir lire mais qui est capable de nous donner des leçons de sagesse et remue en nous des souvenirs… Rencontres avec ces musiciens de rues capables d’enchanter le ciel, rencontres avec ces femmes qui ont particulièrement soufferts de la folie des guerres comme madame Kervarec dont quatre fils sont morts à la guerre…Rencontres d’hommes qui ont marqué l’histoire ou qui nous ont aidés à démêler les fils de cette histoire : R. Badinter, Paul Ricoeur,… Rencontres de peintres, de graveurs, d’architectes : Turner, Georges de la Tour, Olga Boldyreff, Rodolphe Bresdin, Georges Evano, Jean Nouvel … Rencontres d’écrivains, de poètes comme Julien Gracq, Yves Landrein ou Michel Chaillou…

Ces rencontres ouvrent le cœur et l’esprit nous dit Marie-Hélène Prouteau et les livres ont contribué à façonner son regard, sa sensibilité comme ils enrichissent notre propre regard. « Les livres sont des êtres curieux. Ils nous font faire des détours de haute circulation de vie… »

 

Belle soirée qui nous a offert « un bouquet d’images, de poèmes et d’anecdotes pour apprendre à aimer Nantes et ses environs »

Rappelons que Marie-Hélène Prouteau est également l’auteure de livres parus aux éditions La Part Commune : Les Blessures fossiles, Les Balcons de la Loire, La petite Plage et d’un autre roman paru aux éditions Apogée  : L’enfant des vagues. Elle est l’auteure d’un livre d’artiste avec Michel Remaud Nostalgie Blanche et de nombreuses publications dans des revues.

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