Rencontre avec Nicole Buresi

Mardi 12 février 2019 la bibliothèque nous accueillait pour cette cinquième rencontre de la vie littéraire avec Nicole Buresi dont le livre Esquisses de femmes (éditions L.C.) faisait partie de la sélection du prix de la Nouvelle Salée. Soirée passionnante qui nous a donné envie de lire et d’écrire…

« Si je n’écris pas, j’étouffe… Si j’écris je prends l’air »

Nicole Buresi est née italienne au Caire où elle a vécu  jusqu’à l’âge de 10 ans. Puis après un bref séjour en Italie elle adopte la France où elle fait ses études de lettres et enseigne en France, au Brésil. Aujourd’hui en retraite elle partage sa vie entre Paris, Montpellier, Loudun où elle anime des ateliers d’écriture….

De ce parcours riche elle garde le désir du dépaysement, l’envie de saisir les sollicitations, la capacité à observer les lieux et surtout les êtres.

C’est la poésie qui a déclenché ce besoin d’écrire avec un premier recueil Vivante (éd. Chèvre feuille étoilé) où les peintures d’une amie, Anne Lantheaume, entrent en résonance avec ses poèmes.

Puis viennent des pièces de théâtre publiées aux éditions « Les Cygnes » : Trois femmes dans l’escalier, A l’aube j’ai rencontré mon voisin Oreste, le pari… Des romans, un roman collectif Bassoles s’en va-t-en guerre issu d’un atelier d’écriture,  des Nouvelles et des albums jeunesse…. des histoires pour réfléchir, une initiation à la philosophie. Enfin un roman à paraître en mars 2019 Le Testament secret de Théphraste  (Geste éditions)

Alors pourquoi avoir choisi de regrouper ces nouvelles sur les femmes ?

Nicole Buresi explique qu’elle affectionne particulièrement ce genre littéraire. La concision d’une nouvelle nécessite la précision : peu de personnages, des lieux précis et un évènement particulier qu’il faut traiter avec originalité, adapter le style à la situation, introduire une certaine tension et achever la nouvelle par une chute souvent inattendue. Du travail d’orfèvre ! C’est un genre littéraire très apprécié dans les pays anglo-saxons mais un peu délaissé par les auteurs français et qui rebute souvent les éditeurs.

Ces vingt sept portraits de femmes constituent une sorte de kaléidoscope de femmes de tout âge, de toute nationalité… Le fil conducteur est donc la femme…ces femmes dont le quotidien a chaviré pour de multiples raisons.

 

 

 

 

Toutefois il y a une organisation recherchée dans la succession de ces nouvelles.

  • L’exil est le point de départ…Histoire personnelle ?… Nécessité de partir pour accomplir son destin ? …Pour de multiples raisons les femmes connaissent l’exil. Cet exil peut prendre des formes encore plus complexes parce qu’elles sont des femmes, fragiles, exploitées, confrontées à la violence mais aussi responsables, capables de résilience… « Mais tu es. Une force qui va… » Cet arrachement, cet exil oblige les femmes a se poser la question qui suis-je ?
  • Qu’est-ce qu’être femme ? qui suis-je ? que faire de cette vie ?  Quelle est mon identité… »Serai-je Dieu, table ou cuvette ? …Tu ne sais pas qui tu seras, Alberte, parce que tu ne sais pas qui tu es ! »… Difficulté de la maternité…le sentiment maternel est-il toujours évident, naturel ?
    « Non, vous ne comprenez pas. Laissez tomber. Vous ne pouvez pas comprendre. Je l’ai mis au monde, oui, mais je ne le ressentais pas comme le mien. J’ai vécu cette grossesse comme une maladie et la délivrance comme une guérison. Oui j’ai été guérie quand il est né. Je ne l’ai pas voulu. Je ne l’ai pas attendu, donc je n’étais pas enceinte »
  • Être femme c’est aimer, aimer à la folie « Folle, moi ? Oui, folle et décidée à vivre ma folie, la seule sagesse possible… »  …mais c’est aussi connaître l’échec de la relation amoureuse pour de multiples raisons…. abandon, maladie, séparation, rupture…                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         Mais il faut vivre, trouver les moyens de s’en sortir… « Désormais un poster géant de la Vague (d’Hokusaï) recouvrira le mur en face de mon lit. Ce sera ma fenêtre, et la balançoire d’où je m’élancerai pour retrouver du monde le mouvement vital et l’élan essentiel. »

Nicole Buresi  dit « Si je n’écris pas, j’étouffe…Si j’écris je prends l’air »…Au cours de cet échange le besoin d’écrire était communicatif…. nous avons pris un grand bol d’air !!!

 

 

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