Rencontre littéraire de février avec Gilles Marchand

Douce soirée chez Fred l’écailler avec Gilles Marchand…
Nous avions déjà eu l’occasion de rencontrer Gilles Marchand en février 2017. Il venait de remporter le prix Grain de Sel.

Cette année, c’est un recueil de Nouvelles Des Mirages plein les Poches aux éd. Les Forges de Vulcain qui faisait partie de la sélection pour le prix de la Nouvelle salée.  


Après des études d’Histoire et la publication en 2002, 2003 d’un dictionnaire des monuments de Paris et d’une chronologie d’Histoire de la Peinture Gilles Marchand s’est lancé dans l’écriture de Nouvelles, de Lettres de Motivations…Il collabore aux éditions Antidata et en 2015 il écrit un premier roman avec Eric Bonnargent Le Roman de Bolano aux éditions du Sonneur.

En 2016-2017 paraît Une Bouche sans personne aux éditions Les Forges de Vulcain. Son talent d’écrivain est alors consacré par des prix littéraires : Prix du Sel des Mots mais aussi finaliste du prix Hors Concours, prix des lycéens et des lecteurs Points …Nouveau roman en 2018 Un funambule sur le sable aux éditions les Forges de Vulcain et en 2019 le recueil de nouvelles Des Mirages plein les poches.

Dans ce recueil Gilles Marchand va vider ses poches et nous faire passer un moment hors du temps, dans un monde où tout se mélange où les souvenirs deviennent mirages.

Ces 14 nouvelles partent d’instants de vie tout simples dans lesquels il est possible de s’identifier.

Gilles va lire la première Nouvelle « le Fil »   …Un fils dépasse et il est impossible de résister… on détricote le pull…Mais « on ne détricote pas le monde. Même s’il gratte, on ne le détricote pas. » Première évidence pour Gilles Marchand il faut accepter la réalité même si elle est dure, même si elle gratte. Cette acceptation n’est pas passive. Il faut  mettre de la fantaisie, du rêve, de l’humain pour la sublimer et la rendre plus supportable. On explorera ainsi les chaussures qui courent vite, le désir de paternité et son corolaire l’angoisse de l’échec, les violences familiales, les rencontres dans les escaliers, les lieux où on s’isole, la phobie des manèges, les bateaux… Le point de départ est toujours une faiblesse, un défaut, une fêlure…

Deuxième lecture « Désordre de Beatle » pour pénétrer plus avant dans l’univers de Gilles Marchand fait de petits évènements, de rencontres et de musique.

Et à la fin du recueil une affirmation « C’est toujours la musique qui gagne et les oiseaux n’ont rien à dire sur la pertinence de nos déguisements ».

Ces personnages qui renferment une fêlure, une faiblesse, qui sont différents se trouvaient déjà dans ses romans. Enfant défiguré par la guerre, enfant différent portant un handicap…Gilles Marchand aborde la gravité mais la rend supportable grâce à l’imaginaire, l’humour, la bienveillance et même parfois une note de légèreté. Loin de s’enfermer dans leur handicap ses personnages chercheront à rendre leur handicap supportable pour les autres.

Gilles Marchand aime les mots, aime jouer avec les mots, les tordre pour en tirer l’inattendu, le merveilleux comme aimait le faire Jean Tardieu. Les mots seraient-ils le remède à tous nos maux !

« Jai acquis les preuves irréfutables que ce sont bien les mots et la grammaire qui gouvernent le monde. Ce sont les mots qui vont te soigner, Stradi. Tiens, justement un exemple : « guérison » est l’anagramme de « soigneur ». Alors, qu’en dis-tu ? Hasard ? Coïncidence ? Un autre exemple ? Très bien : « endolori » est l’anagramme de « indolore ». »

Merci Gilles Marchand pour ce rêveur imaginatif que vous avez su rester, pour votre capacité à faire craquer les contours de la réalité, pour votre bienveillance et votre délicatesse.

 

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